Estimation simplifiée de ton allocation mensuelle.
L'Allocation d'aide au Retour à l'Emploi (ARE) est le versement mensuel que France Travail (ex-Pôle emploi) verse aux demandeurs d'emploi en remplacement de leur ancien salaire. Elle est financée par les cotisations sociales prélevées sur les salaires des actifs. L'ARE n'est pas une aide sociale comme le RSA : c'est une assurance — tu cotises pendant que tu travailles, tu en bénéficies si tu perds ton emploi.
Pour avoir droit à l'allocation chômage en 2026, il faut remplir plusieurs conditions cumulatives :
Le calcul de l'ARE repose sur le Salaire Journalier de Référence (SJR), qui correspond à ton ancien salaire brut moyen sur les 24 derniers mois. L'allocation journalière est ensuite la plus avantageuse des deux formules suivantes :
Le montant journalier ne peut être inférieur à 31,97 € ni supérieur à 75 % du SJR. Multiplié par 30, on obtient le montant mensuel approximatif. Note que la réforme de 2023 impose une dégressivité de l'ARE pour les anciens hauts salaires : -30 % au bout de 6 ou 8 mois selon les profils.
| Âge à la fin du contrat | Durée maxi |
|---|---|
| Moins de 53 ans | 18 mois (548 jours) |
| 53 et 54 ans | 22,5 mois (685 jours) |
| 55 ans et plus | 27 mois (822 jours) |
Ces durées s'appliquent depuis la réforme de février 2023, qui les a raccourcies de 25 % par rapport au régime précédent. En cas de remontée du chômage en France au-dessus de 9 %, les durées sont automatiquement allongées de 25 %.
Tu peux cumuler ton ARE avec une activité réduite tant que tu restes inscrit à France Travail. Le principe : on déduit 70 % de ton salaire brut mensuel de ton allocation. Cela permet de reprendre un emploi sans tout perdre, et c'est avantageux car les mois "économisés" prolongent ta période d'indemnisation.
L'allocation chômage est imposable et soumise à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %). Le prélèvement à la source s'applique : ton impôt est déduit directement par France Travail. À déclarer dans la case "indemnités et pensions" de ta déclaration de revenus.
Notre calcul est volontairement simplifié. Le vrai calcul de France Travail prend en compte plusieurs paramètres difficiles à modéliser : périodes de référence exactes, primes annuelles, indemnités, jours non travaillés. Pour avoir l'estimation officielle, utilise le simulateur sur francetravail.fr ou prends rendez-vous avec un conseiller.
L'inscription doit être faite dans les 12 mois suivant la fin de ton contrat. Plus tôt c'est, mieux c'est (les droits commencent à partir du jour de l'inscription, pas rétroactivement).
Tu ne touches pas ton ARE immédiatement après ton inscription. Plusieurs différés peuvent s'appliquer :
Concrètement, après une rupture conventionnelle avec une grosse indemnité, tu peux attendre plusieurs mois avant le premier euro. Anticipe cette période sans revenu.
Toucher l'ARE n'est pas un droit acquis : il y a des contreparties strictes :
France Travail applique un barème de sanctions :
| Manquement | Sanction |
|---|---|
| 1er refus d'emploi raisonnable | Radiation 1 mois |
| 2e refus | Radiation 2 mois + suppression de 30 % de l'allocation 50 jours |
| 3e refus | Radiation 4 mois + suppression totale de l'allocation |
| Absence à un rendez-vous | Radiation 1 mois |
| Fausse déclaration | Radiation 6 à 12 mois + remboursement |
En cas de désaccord, tu peux faire un recours gracieux auprès du directeur de l'agence ou un recours contentieux devant le tribunal administratif.
Depuis 2019, les démissionnaires peuvent toucher l'ARE sous conditions strictes :
C'est un dispositif assez exigeant : beaucoup de candidats sont refusés faute de projet suffisamment construit. Si tu envisages cette option, anticipe largement (compter 6 mois entre la décision et le départ effectif).
Tu peux créer ton activité d'auto-entrepreneur tout en restant inscrit à France Travail. Deux options :
L'ARCE est intéressante si ton activité va décoller vite. L'ARE classique est plus sécurisante si ton projet est incertain.